Quand je vous disais que, pour le moment, le voile des illusions tombe…

Les évènements se succèdent à un rythme incontestable. J’essaye de leur donner un sens, j’interviens, parfois 😉 je résiste et cela « casse » le rythme. Je me rends compte aussi que c’est contre-productif : aussitôt que je crois comprendre la signification d’une chose, évènement,…, je cesse d’être capable de la comprendre. Comprendre une chose demande mon appréciation, mon temps, ma disponibilité, ma sympathie, empathie,… pas uniquement un processus intellectuel.

Mon intellect va émettre un jugement et ensuite, me faire « sortir » de moi pour chercher un soutien, une aide,… C’est une manière de faire qui, pour moi,  a ses limites. Aujourd’hui, je ne me sens pas guérie de l’intérieur quand j’active ce processus.

Tant que je n’ai pas séparé les évènements extérieurs des jugements dont je les ai « voilés », je ne peux voir/ressentir leur signification. Je me dis : « A quoi ressemblerait ma vie maintenant si je ne la jugeais pas ? ». Si je veux connaître la « réalité », je dois la libérer de mes jugements et demeurer avec elle, en-elle simplement et profondément. Ceci pour n’importe quelle situation survenant dans ma vie.

Un exemple : Je me coince régulièrement le dos (sacrum et sciatique enflammé). Avant, je râlais, je cherchais des solutions rapides,… Je décidais de ce que cela signifiait : tu trop de ci, tu pas assez de ça, toujours à ceci, tu, tu, tu, tu,… Aujourd’hui, je m’installe en compagnie de la douleur/blocage. Je communique avec, je lui laisse le temps de me dire/donner son message. Je me rends compte de tout ce que je pensais à ce sujet (positif/négatif), de mon interprétation. Aujourd’hui, j’arrête de décider de ce qu’une chose signifie. Je la laisse simplement être, j’entre en elle, je bouge avec elle, respire avec elle. Je me libère de toute pensée et la compréhension vient… Elle me parle d’émotions bloquées depuis des vies, de résistances au changement, de tristesse, de colère, de peurs,… Il se peut que je n’arrive pas à tout traduire en mots, cela n’a pas d’importance. L’aperçu intérieur viendra. La signification réside au plus profond de mon esprit. Si je veux découvrir cette signification, je n’ai qu’à regarder mon propre esprit et ne plus m’agiter vers l’extérieur. Même si c’est la 1ère chose que j’ai envie de faire : un avis, un deuxième, voir un troisième ne feront que rajouter des voiles (interprétations/vécus des autres) sur ma réalité. L’idée n’est pas de me couper des autres. Il est parfois nécessaire d’avoir un diagnostic. Et cela fait du bien d’être accompagné, qu’on me tienne la main, qu’on s’inquiète,… mais, je vous rassure : vous n’avez pas à résoudre mon problème.

Je ne cherche plus de signification en dehors de ma propre expérience. Si je veux aller droit au cœur du problème : je m’écarte de toute interprétation et je reste présent à la situation. Je fais confiance à la force intelligente qui a fait apparaître cette situation dans ma vie pour qu’elle me révèle la signification qu’elle y a mise pour moi. C’est un acte aimant : il me libère de juger, interpréter, conceptualiser, rationaliser une situation.

Quelque chose bouge plus profondément en moi. Patience, douceur, ne pas forcer ma vie à s’ouvrir… Mon « Être » s’épanouit de lui-même. La grâce se révèle en deçà de l’évènement, du soi-disant hasard des évènements de la vie. Toute la joie et la beauté de ma vie est à ma portée. Faire confiance à ce qui est et y être présent : une pratique simple pour que s’effondrent tous les obstacles à la vérité.

De la théorie à la pratique

Des chercheurs ont montré que les personnes qui ont du mal à dire NON ont plus de risques d’être stressées ou bien victimes de burn out ou de dépression.

Le NON est le signe du refus, il exprime un désaccord face à un avis ou une demande. Il n’est pas toujours facile de dire « non » car le « OUI » d’apparence positive cache souvent le fait de ne pas oser dire non. On dit oui pour ne pas décevoir, le oui rassure et obéit à certaines de nos croyances issues de notre éducation.

Un « faux » oui qui vaut en réalité un « non » ? Un certain nombre de peurs faussent notre réponse comme la culpabilité, la peur de décevoir ou de faire de la peine, la peur du rejet ou du regard des autres, notamment face à la pression d’un groupe ou de son supérieur hiérarchique. Ces peurs cachent en réalité un très fort besoin d’être accepté et aimé, on préfère dire oui même si cela va à l’encontre de notre bien-être au lieu d’affirmer nos choix et nos valeurs.

Un « vrai » non ou un « faux » oui apparemment gentil ? Le « faux » oui d’apparence « gentil » va en réalité à l’encontre d’une vraie bienveillance à l’égard de son interlocuteur car il peut conduire au conflit et finalement amène déception dans le cas, par exemple, de promesses impossibles à tenir.

Oser dire un « vrai » non, quand il est justifié, c’est prendre en considération ses propres besoins, ses ressentis tout en étant à l’écoute et en empathie avec l’autre. Le non définit les limites. Le « vrai » non peut être considéré comme l’expression d’une bienveillance car, en expliquant les raisons d’une réponse négative, l’autre peut être déçu mais très vite comprend.

Cette capacité à s’affirmer et être respecté permet une vie relationnelle plus saine, authentique et de qualité, fondée sur le respect de l’autre et de soi.